En s’associant avec ses parents Sylvie et François, en 2019, Jérémy Muret, 33 ans, est devenu l’héritier de cinq générations d’agriculteurs à la tête de la ferme du Lavoir, à Jumeauville (Yvelines).
Il s’est marié à Amandine Béguin, elle-même fille d’un agriculteur. Le duo travaille en couple pour conduire les nombreuses activités de l’exploitation familiale.
Orges, blé, colza…
Depuis près de trois semaines, leur quotidien se résume au pilotage des moissonneuses-batteuses pour récolter les orges (d’hiver et de printemps), le blé, le colza, ou des protéagineux comme les pois de printemps.
« J’interviens sur quatre sites différents. Je travaille pour des clients qui me confient soit juste la moisson, soit la gestion complète de la parcelle, de la mise en culture à la récolte. Ici, à Ecquevilly, c’est un partenariat avec la ferme de la Muette sur 250 hectares. »

Une moisson éclair
La récolte du blé est annoncée meilleure que l’an dernier. L’agriculteur tempère : « La qualité des grains est meilleure mais le rendement est hétérogène, avec de grandes variations en fonction des terres et de la pluviométrie. On a commencé par l’orge d’hiver le 1er juillet, puis tout est arrivé à maturité en même temps. C’est une moisson éclair ! On aura fini le 25 juillet. »
Mercredi 19 juillet 2023, c’est le tour du colza. Nous prenons place dans la cabine de pilotage de la machine de 18 tonnes, avec Jérémy aux commandes. Amandine pilote une deuxième moissonneuse-batteuse.
À bord, un écran montre la position GPS de l’engin dans le champ. Un autre diffuse l’image vidéo de l’arrière du véhicule. La climatisation est branchée, la conduite assistée.
Une barre de coupe large de 9 mètres
« Ce ne sont pas les mêmes conditions de travail que mon grand-père », rigole Jérémy pendant qu’un faisan puis un lapin prennent la fuite devant la barre de coupe de plus de 9 mètres de large.
La poussière vole autour de l’engin poussé par un moteur de 12 500 cm3 pour 449 chevaux. En quelques minutes, sept tonnes de graines de colza sont récoltées.
« Les tiges du colza se coupent plus haut que le blé ou l’orge, on risque moins de se prendre des cailloux. Car ce sont des engins plus fragiles qu’on ne l’imagine, avec beaucoup de boulons qu’il faut savoir dévisser et revisser. »
L’avertissement est prémonitoire. Le téléphone sonne, c’est la moissonneuse d’Amandine qui a calé. Diagnostic : « Les grains de colza sont mûrs mais il y a des tiges encore vertes qui ont bourré la machine. »
Pendant de longues minutes, le couple, aidé par deux ouvriers agricoles, débourre l’engin avant de terminer la moisson de la parcelle. Pendant l’été, ils emploient jusqu’à sept personnes pour la récolte des céréales.

Culture de la pomme de terre et vente directe
La ferme du Lavoir, à Jumeauville, c’est aussi la culture de la pomme de terre et un magasin en vente directe ouvert depuis 60 ans. Mieux encore, depuis deux ans, la ferme dispose de casiers en libre-service ouverts de 6 h à 23 h. Les clients peuvent trouver des produits comme les volailles de la ferme de la Hunière, les yaourts de la ferme de Grignon, les fromages de la ferme de la Tremblaye ou les boissons de la Brasserie du Vexin.
« C’est une activité qui fonctionne très bien. Nos clients sont heureux d’y trouver des produits de qualité, tous issus de notre territoire. »
Comme tous les agriculteurs, le couple doit faire preuve d’une certaine polyvalence. Pendant que Jérémy surveille les cours du blé pour vendre sa récolte au meilleur moment, Amandine s’occupe d’animer les réseaux sociaux et d’approvisionner les casiers.
Parents de deux enfants de 3 et 6 ans, ils vivent leur métier avec une passion héritée de plusieurs générations d’agriculteurs et avec l’envie de la transmettre.
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